Établie après les Trois Glorieuses (27-29 juillet 1830), la monarchie de Juillet tombe en 1848, au terme de deux journées révolutionnaires (23-24 février 1848). Formé à l’Hôtel de Ville dans la soirée du 24, le gouvernement provisoire déclare qu’il « veut la République, sauf ratification par le peuple » et sa proclamation est publiée au Moniteur du 25, jour du discours de Lamartine sur le drapeau tricolore. Dans leurs éditions du 26, Le National et La Réforme publient une seconde proclamation, datée du 25, selon laquelle « le gouvernement actuel de la France est le gouvernement républicain ». Ces deux proclamations restent conditionnelles. C’est l’Assemblée nationale élue les 23 et 24 avril qui proclame formellement la République, le 4 mai, jour de sa réunion, une première fois dans la salle de carton construite dans la cour d’honneur du palais Bourbon — une salle de bois et de toile destinée à accueillir le très grand nombre des députés —, une seconde fois, en présence du peuple, et à sa demande, depuis le péristyle du palais. « La séance est reprise à six heures un quart. »
La proclamation du 24 février
Paris, le 24 février.
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS.
Proclamation du gouvernement provisoire au peuple français.
Un gouvernement rétrograde et oligarchique vient d’être renversé par l’héroïsme du peuple de Paris. Ce gouvernement s’est enfui en laissant derrière lui une trace de sang qui lui défend de revenir jamais sur ses pas.
Le sang du peuple a coulé comme en juillet ; mais cette fois ce généreux sang ne sera pas trompé. Il a conquis un gouvernement national et populaire en rapport avec les droits, les progrès et la volonté de ce grand et généreux peuple.
Un gouvernement provisoire, sorti d’acclamation et d’urgence par la voix du peuple et des députés des départements, dans la séance du 24 février, est investi momentanément du soin d’assurer et d’organiser la victoire nationale. Il est composé de :
MM. Dupont (de l’Eure).
Lamartine.
Crémieux. Arago (de l’Institut).
Ledru-Rollin.
Garnier-Pagès.
Marie.
Ce gouvernement a pour secrétaires :
MM. Armand Marrast.
Louis Blanc.
Ferdinand Flocon.
Et Aubert.
Ces citoyens n’ont pas hésité un instant à accepter la mission patriotique qui leur était imposée par l’urgence. Quand la capitale de la France est en feu, le mandat du gouvernement provisoire est dans le salut public. La France entière le comprendra et lui prêtera le concours de son patriotisme. Sous le gouvernement populaire que proclame le gouvernement provisoire tout citoyen est magistrat.
Français, donnez au monde l’exemple que Paris a donné à la France ; préparez-vous par l’ordre et la confiance en vous-mêmes aux institutions fortes que vous allez être appelés à vous donner.
Le Gouvernement provisoire veut la République, sauf ratification par le peuple qui sera immédiatement consulté.
L’unité de la nation formée désormais de toutes les classes de citoyens qui la composent ; le Gouvernement de la nation par elle-même ;
La liberté, l’égalité et la fraternité pour principes, le peuple pour devise et mot d’ordre, voilà le Gouvernement démocratique que la France, se doit à elle-même et que nos efforts sauront lui assurer.
Dupont (de l’Eure.)
Lamartine,
Crémieux,
Ledru-Rollin,
Garnier-Pagès,
Marie,
Arago,
Membres du Gouvenement provisoire.
Armand Marrast,
Louis Blanc,
Secrétaires.
Le Moniteur universel, 25 février 1848.
La proclamation du 25 février dans La Réforme
Paris, 25 février.
Les proclamations suivantes sont des actes ; l’esprit en est bon et l’ensemble des mesures répond aux premières nécessités du moment.
Elles sont signées au nom de la République proclamée par le Gouvernement provisoire et le Peuple de Paris.
Cet engagement la France entière le ratifiera par acclamations, jusqu’à ce qu’elle le consacre par un grand acte public, par l’expression de sa volonté souveraine.
Le Gouvernement déclare que tous les citoyens font partie de droit de la garde nationale ; il faut que ce droit soit appliqué sans retard, car il faut que tous les citoyens soient armés ; cette mesure est capitale et de devoir absolu pour le gouvernement.
Nous ne ferons point de plus longs commentaires ; les paroles sont inutiles : organiser et surveiller, voilà la tâche du jour.
Citoyens !
Le Gouvernement provisoire déclare que le gouvernement actuel de la France est le GOUVERNEMENT RÉPUBLICAIN, et que la Nation sera appelée immédiatement à ratifier par son vote la résolution du Gouvernement provisoire et du Peuple de Paris.
Lamartine.
Ad. Crémieux.
Ledru-Rollin.
Garnier-Pagès.
Dupont (de l’Eure).
Marie.
La Réforme, 26 février 1848.
La proclamation du 4 mai 1848
ASSEMBLÉE NATIONALE.
Séance du jeudi 4 mai.
PRÉSIDENCE DU CITOYEN AUDRY DE PUYRAVEAU, DOYEN D’ÂGE.
[…]
À une heure et un quart une salve d’artillerie annonce l’arrivée des membres du Gouvernement provisoire dans le palais de l’Assemblée nationale.
Le citoyen Audry de Puyraveau, doyen d’âge, monte au fauteuil de la présidence.
Les six plus jeunes membres de l’Assemblée, les citoyens Fresneau, Lagrevol, Avond, Astoin, Ferrouillat et Sainte-Beuve prennent place au bureau en qualité de secrétaires provisoires.
À une heure et demie, les citoyens membres du Gouvernement provisoire et les citoyens ministres provisoires sont introduits dans la salle des délibérations. Ils sont accueillis par les cris unanimes de « Vive la République ! »
Les colonels et lieutenants-colonels des légions du département de la Seine, qui accompagnent les membres du Gouvernement provisoire, prennent place dans les couloirs à droite et à gauche de la tribune.
Le citoyen président. — La parole est au citoyen Dupont (de l’Eure), président du Gouvernement provisoire.
Le citoyen Dupont (de l’Eure). — Citoyens représentants du peuple, le Gouvernement provisoire de la République vient s’incliner devant la nation, et rendre un hommage éclatant au pouvoir suprême dont vous êtes investis.
Élus du peuple ! soyez les bienvenus dans la grande capitale, où votre présence fait naître un sentiment de bonheur et d’espérance qui ne sera pas trompé.
Dépositaires de la souveraineté nationale, vous allez fonder nos institutions nouvelles sur les larges bases de la démocratie, et donner à la France la seule constitution qui puisse lui convenir, une constitution républicaine. (Acclamations unanimes et prolongées. Vive la République !)
Mais, après avoir proclamé la grande loi politique qui va constituer définitivement le pays, comme nous, citoyens représentants, vous vous occuperez de régler l’action possible et efficace du Gouvernement dans les rapports que la nécessité du travail établit entre tous les citoyens, et qui doivent avoir pour bases les saintes lois de la justice et de la fraternité. (Applaudissements et nouveaux cris de « Vive la République ! »)
Enfin le moment est arrivé pour le Gouvernement provisoire de déposer entre vos mains le pouvoir illimité dont la révolution l’avait investi. Vous savez si, pour nous, cette dictature a été autre chose qu’une puissance morale, au milieu des circonstances difficiles que nous avons traversées.
Fidèles à notre origine et à nos convictions personnelles, nous n’avons pas hésité à proclamer la République naissante de Février. (Les cris de « Vive la République ! vive le Gouvernement provisoire ! » et les applaudissements éclatent sur tous les bancs et dans les tribunes publiques.)
Aujourd’hui nous inaugurons les travaux de l’Assemblée nationale à ce cri qui doit toujours la rallier : Vive la République ! (Les acclamations et les applaudissements recommencent avec une nouvelle énergie.)
Le citoyen Crémieux, membre du Gouvernement provisoire, ministre de de justice. — Citoyens représentants du peuple, au nom du Gouvernement provisoire, vos travaux sont ouverts, l’Assemblée nationale les commence aujourd’hui.
J’invite le citoyen président provisoire à vouloir bien engager les membres de I Assemblée à se retirer dans leurs bureaux pour y procéder à la vérification des pouvoirs.
Le citoyen président. — J’invite les représentants à se retirer dans leurs bureaux respectifs pour procéder à l’examen des pouvoirs.
[…]
(Les représentants se retirent dans leurs bureaux au cri de « Vive la République ! »)
La séance est suspendue à deux heures moins vingt minutes.
(La séance est reprise à trois heures et demie.)
Le citoyen président. — L’ordre du jour appelle la vérification des pouvoirs. Le rapporteur du 1er bureau à la parole.
[…]
Le citoyen Berger, rapporteur — Monsieur le président, puisque j’ai l’honneur d’avoir la parole, je demande à ajouter quelques mots.
Citoyens, au nom de la plupart des députés du département de la Seine…
Les citoyens Flocon et Ledru-Rollin. — Pourquoi, de la plupart ?… de tous !
Le citoyen Berger. — Au nom de tous les députés de la Seine, j’ai l’honneur de proposera l’Assemblée le projet de proclamation suivant :
« L’Assemblée nationale,
« Fidèle interprète des sentiments du peuple qui vient de la nommer,
« Avant de commencer ses travaux,
« Déclare, au nom du peuple français et à la face du monde entier, que la République, proclamée le 24 février 1848, est et restera la forme du Gouvernement de la France. (Oui ! oui ! — Acclamations unanimes et prolongées.)
Le citoyen Subervie. — Il ne pourrait en être autrement !
Le citoyen Berger. — « La République que veut la France a pour devise : “Liberté, égalité, fraternité.” (Bravo ! bravo !)
« Au nom de la patrie, l’Assemblée conjure tous les Français de toutes les opinions d’oublier d’anciens dissentiments, de ne plus former qu’une seule famille. (Vifs et unanimes applaudissements.)
« Le jour qui réunit les représentants du peuple est pour tous les citoyens la fête de la Concorde et de la Fraternité.
Vive la République ! »
(Suivent les signatures des représentants de la Seine.)
De toutes parts. Vive la République ! vive la République !
(Longues et chaleureuses acclamations. — Toute l’Assemblée se lève d’un mouvement spontané, en criant : Vive la République !)
Le citoyen Clément Thomas. — L’adresse qui vient d’être proposée au nom des représentants de la Seine, doit être faite au nom de tous les députés de la France ! (Oui ! oui !) Si vous aviez été consultés d’avance, vous auriez tous approuvé cette adresse ; par conséquent, c’est une adresse qu’on fait à la France au nom de l’Assemblée tout entière. (Vive et unanime approbation.)
Le citoyen Berger. — Citoyens, je ne pouvais parler qu’au nom des représentants de la Seine. Mais vous comprenez combien nous sommes heureux de voir l’Assemblée tout entière se joindre à nous pour proclamer ces grands principes. (Applaudissements prolongés.)
Le citoyen Germain Sarrut. — Je demande, au nom de tous les représentants de la France, que les mots de République démocratique soient joints à ceux de Liberté, Égalité, Fraternité. (Applaudissements.)
Le citoyen Ducoux. — J’approuve sans réserve la motion qui vient d’être faite de reconnaître comme le seul gouvernement possible en France la République une et indivisible, avec l’inscription Liberté, Égalité, Fraternité; mais il faut tout dire, ce n’est pas comme incident qu’une pareille proposition devait être faite. (Mouvement.)
La République doit être assez belle, elle doit être assez pure, elle doit être assez durable pour qu’elle soit pour nous l’objet d’une acclamation solennelle, non pas d’une discussion ; il n’y a pas de discussion possible, mais il fallait donner à cet acte toute la solennité dont il est digne.
Je suis fâché de trouver cette proposition à la suite d’un rapport sur les élections d’un département. C’est à la face du monde entier qu il fallait solennellement proclamer l’avènement perpétuel de la République fraternelle démocratique, avec tous les développements moraux et matériels que la justice et l’équité comportent. (Oui ! oui ! — Très-bien ! très-bien ! — Vive la République !)
Je demande donc que nos acclamations actuelles ne soient que l’expression d’un mouvement qu’il nous a été impossible de contenir…. (Oui ! oui ! Bravo ! bravo !) Mais je demande que, dans une réunion prochaine, l’Assemblée nationale vienne, comme un seul homme, proclamer et jurer, non pas par des paroles, mais par des actes, par le cœur, vienne proclamer la République démocratique, une et indivisible, la République démocratique et fraternelle. (Immense acclamation. — Bravo !)
Le citoyen Pagnerre. — La plus imposante solennité, citoyens, c’est notre unanimité.
Le citoyen Emmanuel Arago. — L’instant est assez solennel… (Oui ! oui !) Pas d’ajournement… (Non ! non !) Il n’y a pas d’ajournement possible pour cela. Vive la République ! (Toute l’Assemblée en masse et debout. Vive la République ! vive la République !)
Le citoyen Degousée. — Le Gouvernement provisoire avait annoncé que le canon annoncerait la proclamation de la République par l’Assemblée constituante. J’approuve de toute la force de mes convictions la proclamation qui vient d’être faite à l’unanimité, et je m’oppose à tout ajournement.
Le citoyen Démosthènes Ollivier. — Je demande qu’il soit constaté au procès-verbal que nos acclamations ont été faites à l’unanimité. (L’Assemblée tout entière se lève dans un immense mouvement d’approbation.)
Un représentant du peuple. La République est un fait heureusement accompli ; je ne comprendrais pas qu’elle pût être mise en discussion…
De toutes parts. Elle ne l’est pas ! (Interruption.)
Le citoyen Barbès. — Il faut ajouter que la République n’avait besoin d’aucune nouvelle proclamation. Le 24 février, le premier acte du peuple, en reconquérant sa souveraineté, a été de proclamer la République. Il ne dépend plus de personne de mettre son existence en doute. Nous sommes les serviteurs du peuple, nous n’avons ici qu’à acclamer sa volonté. Vive la République, une, indivisible, démocratique et sociale !
(Les cris répétés de « Vive la République ! » éclatent de toutes parts.)
Le citoyen président. — La proclamation de la République ne peut être mise en discussion. Personne ici ne peut plus douter de la République.
De toutes parts. Non ! non ! Vive la République !
Le citoyen Vignerte. — Il ne s’agit pas de proclamer la République, mais de la saluer ; c’est le soleil qui vivifie la France et qui vivifiera le monde. Vous n’avez qu’à la saluer. La République a été proclamée dans toute la France ; toutes les communes ont adhéré à la République par des procès-verbaux. Vous autres, citoyens, vous avez tous déclaré que vous étiez républicains, et vous n’êtes ici que parce que vous êtes républicains. (Bravos.)
Le citoyen président. — C’est une discussion qui ne peut pas être continuée. La République n’est pas mise en doute.
Le citoyen Trélat. — Il y a aujourd’hui quelque chose de beaucoup plus significatif que les votes, que les acclamations réitérées que nous avons entendues : c’est que la République est un enfantement qui se préparait depuis longues années; la République était un fait nécessaire, et la preuve la plus éclatante qu’elle était nécessaire, un fait scientifique, un fait de longue élaboration et de long travail, c’est qu’ici même elle est proclamée, dans cette enceinte, après la proclamation de toute la France, à côté d’une salle où elle était en contestation il y a deux mois ; la plus grande preuve, citoyens, le témoignage le plus éclatant en faveur de la République, de cette République à laquelle de longs et laborieux efforts ont été consacrés, pour laquelle ont témoigné ceux qui d’abord n’ont pas été compris et qui le sont aujourd’hui…. (Bravo ! bravo !) la plus grande preuve, citoyen, c’est que de ceux-là même qui protestaient encore, il y a deux mois, contre la République, il n’en est pas un qui proteste aujourd’hui ; c’est que leurs voix sont unanimes, et que, s’il est ici quelques hommes, quelques citoyens qui, dans la sincérité de leurs consciences, aient proposé à la nation une autre forme de Gouvernement, il y a deux mois, aujourd’hui, citoyens, il n’y a plus qu’un seul cri, qu’une seule parole, qu’un seul hommage, qu’un seul sentiment au fond de tous les cœurs pour cette République, étudiée, préparée, grandie, et tellement universalisée qu’elle est partout reconnue, que, comme on l’a dit depuis longtemps dans de nobles paroles : La République est comme le soleil, aveugle qui ne la verrait pas. Ainsi, citoyens…
Un membre. Crions tous Vive la République !
Le citoyen Trélat. — Ainsi, citoyens, pas de nouvelle proclamation. La République est connue de tous, elle est saluée de toutes parts. C’est un fait nécessaire, inévitable, et qui mettra la nation à même de recueillir tout ce qu’elle attend de bienfaisant de notre nouveau Gouvernement. Vive la République !
De toutes parts. Vive la République !
[…]
(Le général Courtais, commandant en chef des gardes nationales de la Seine, paraît à la tribune.)
Voix diverses. Continuons les rapports.
D’autres voix. Ecoutez ! écoutez !
Le général Courtais. — Citoyens représentants, le peuple demande que les membres du Gouvernement provisoire veuillent bien venir sur le péristyle du palais, et que l’Assemblée nationale veuille bien les accompagner. (Oui ! oui ! exclamations diverses.) En conséquence, je propose que le Gouvernement provisoire et les citoyens représentants se rendent sur le péristyle du palais. (Appuyé ! appuyé !)
Le citoyen Babaud-Laribière. — Citoyens représentants, l’héroïque population de Paris vous fait demander par le commandant supérieur des gardes nationales de la Seine de venir proclamer la République à la face du soleil. (Oui ! oui ! — Tous !) Se trouverait-il un cœur français qui ne voulût pas donner à la population parisienne cette marque de confiance et d’estime ! (Non ! non ! — Tous !)
Le citoyen Flandin. — Citoyens, nous ne pouvons pas interrompre ainsi nos travaux. (Si ! si ! Vive la République !) Nous devons achever la vérification des pouvoirs, nous irons ensuite (Non ! non !) L’assemblée ne peut pas quitter ainsi son œuvre commencée. (Si ! si !) Je demande que la proposition soit mise aux voix.
(Les membres du Gouvernement provisoire et le président de l’Assemblée, suivis de tous les représentants, se rendent sur le péristyle du palais. Le peuple qui couvre les quais, le pont et la place de la Révolution, accueille son arrivée par les cris répétés de « Vive la République ! » auxquels répondent les membres du Gouvernement et tous les représentants. Un grand nombre de ceux-ci, parmi lesquels nous apercevons le citoyen Lacordaire, s’approchent de la grille, et unissent leurs mains à celles des citoyens qui se pressent en dehors de cette grille.
Plusieurs drapeaux de l’armée et de la garde nationale viennent se placer sur les marches du palais en avant du Gouvernement provisoire, et le citoyen Audry de Puyraveau donne une nouvelle lecture de la proclamation de la République. Cette proclamation est accueillie par les cris les plus enthousiastes de : Vive la République ! vive l’armée ! vive le peuple !
Les membres du Gouvernement et les représentants retournent dans la salle de l’Assemblée.)
La séance est reprise à six heures un quart.
Le Moniteur universel, 5 mai 1848.
Gravure : « Proclamation officielle de la République, sur le péristyle du palais de l’Assemblée nationale, le 4 mai 1848 », L’Illustration, 13 mai 1848.