HGGSP
Épreuve écrite du baccalauréat
17-18 juin 2025
Premier sujet
Dissertation
— Le patrimoine, outil de développement et de rayonnement ?
— La conquête de nouveaux espaces : un moyen d’affirmation pour la Chine depuis les années 1950
Étude critique de documents
— Le cyberespace, acteurs et enjeux
25-HGGSPJ1PO1
Second sujet
Dissertation
— Les enjeux de la conquête spatiale depuis le milieu du XXe siècle
— Formes et acteurs de la guerre du XVIIIe siècle à nos jours
Étude critique de documents
— Juger les crimes nazis
25-HGGSPJ2PO1
Éléments de corrigé
Dissertation
La conquête de nouveaux espaces : un moyen d’affirmation pour la Chine depuis les années 1950
Les espaces de conquête sont ici l’Océan et l’espace circumterrestre. Le terme de conquête doit être entendu dans le sens le plus large, non pas seulement la prise d’un territoire par les armes, mais toute revendication, exploration, utilisation, occupation, appropriation, etc. S’affirmer, c’est prendre de la force. Pour un État, c’est manifester sa puissance. Le complément circonstanciel de temps couvre toute l’histoire de la République populaire de Chine, proclamée le 1er octobre 1949. Le plan le plus propice est diachronique. La périodisation la plus simple suit la chronologie politique. Des années 1950 à la mort de Mao en 1976, la Chine populaire veut assurer la sécurité de son territoire terrestre, rompre avec les siècle des humiliations, ouvrir un troisième front et faire de sa révolution un modèle pour le tiers-monde, sans renoncer à la reconnaissance internationale. « Lieu par où le malheur arrive », la mer est avant tout un glacis défensif. Les premières fusées sont balistiques, destinées à porter l’arme nucléaire acquise dans les années 1960. Dans une déclaration solennelle sur la mer territoriale chinoise du 4 septembre 1958, la Chine populaire affirme néanmoins ses droits sur Taiwan, les îles qui en dépendent et les archipels de mer de Chine du Sud, sans être encore en mesure de les faire valoir. En plaçant un satellite en orbite avec sa propre fusée (24 avril 1970), elle entend manifester son indépendance nationale, comme l’excellence de sa voie révolutionnaire : Dong Fang Hong, L’Orient est rouge. Admise à l’ONU en 1971 et visitée par Nixon l’année suivante, elle emprunte une autre voie après la mort de Mao, sous la direction de Deng (1978-1992) et de ses premiers successeurs, celle de l’ouverture économique et du « basculement thalassocratique » : participation à la troisième conférence des Nations unies sur le droit de la mer (1973-1982), doctrine navale de Liu Huaqing (1986), loi sur la mer territoriale de 1992, loi sur la zone économique exclusive de 1998, rétrocession de Hong-Kong (1997) et Macao (1999). Elle manifeste plus nettement sa puissance dans l’espace : premier Chinois dans l’espace (2003), premières sondes lunaires Chang’e (2007, 2010). Elle reste néanmoins prudente, fidèle à la stratégie des vingt-quatre caractères formulée par Deng en 1991. La présidence de Xi, à partir de 2013, ouvre une nouvelle période, celle de la puissance retrouvée : modernisation de la marine, militarisation des archipels de mer de Chine du Sud, bases militaires et facilités portuaires à l’étranger, poursuite du programme lunaire, début du programme martien, station spatiale, multiplication des satellites, course à l’arsenalisation de l’espace.