France métropolitaine

France métropolitaine, Mayotte et La Réunion

HGGSP

Épreuve écrite du baccalauréat

16 et 17 juin 2026

Premier sujet

 

Se protéger des pratiques incorrectes. Avant d’utiliser un fichier ou de le faire circuler, inspecter ses propriétés. Vérifier son authenticité. S’assurer de sa neutralité. Un fichier authentique ne fait pas de réclame. Il ne contient pas de nom de marque ni de lien vers un site tiers. Il ne se dit pas officiel et complet, ce qu’il est par nature.


Dissertation

— Les acteurs de la construction des mémoires

— Les évolutions des formes de la guerre du XVIIIe siècle à nos jours

Étude critique de documents

— Les États-Unis et la question environnementale

Documents

1. Un texte du président Johnson (5 novembre 1965), en préface d’un rapport sur la pollution environnementale : Restoring the Quality of Our Environment [HathiTrust Digital Library].

2. Un graphique des émissions de dioxyde de carbone par habitant aux États-Unis depuis 1800 selon le Global Carbon Budget 2025 (13 novembre 2025) : CO2 emissions per capita [Our World in Data].

26-HGGSPJ1ME1

Éléments de corrigé


Second sujet

 

Se protéger des pratiques incorrectes. Avant d’utiliser un fichier ou de le faire circuler, inspecter ses propriétés. Vérifier son authenticité. S’assurer de sa neutralité. Un fichier authentique ne fait pas de réclame. Il ne contient pas de nom de marque ni de lien vers un site tiers. Il ne se dit pas officiel et complet, ce qu’il est par nature.


Dissertation

— L’État, seul acteur de la protection de l’environnement ?

— Les acteurs et les modes de résolution des conflits depuis 1648

Étude critique de documents

— Espace et océans, outils de la puissance des États

26-HGGSPJ2ME2

Éléments de corrigé


Éléments de corrigé

Dissertation

Les acteurs de la construction des mémoires

Les évolutions des formes de la guerre du XVIIIe siècle à nos jours

L’État, seul acteur de la protection de l’environnement ?

Les acteurs et les modes de résolution des conflits depuis 1648

Étude critique de documents

Les États-Unis et la question environnementale

Espace et océans, outils de la puissance des États


Dissertation

Les acteurs de la construction des mémoires

Le sujet porte sur les « mémoires » sans en exclure aucune. La mémoire est une représentation du passé, mais sa construction s’inscrit dans le présent des sociétés. Il faut se demander quels sont les « acteurs » qui la construisent, définir des catégories d’acteurs et s’interroger sur leurs rapports. Le plan typologique est possible, mais présente le risque de séparer les catégories. Le plan dialectique est préférable puisqu’il montre que la construction des mémoires est le produit des rapports entre différents acteurs. On peut montrer pour commencer que l’État contribue à la construction d’une mémoire nationale. Il faut ensuite se demander comment des groupes de tous ordres s’organisent au sein des sociétés afin de construire et d’exprimer leur propre mémoire. On peut enfin s’interroger sur le comportement des acteurs qui concourent, d’une manière ou d’une autre, au dialogue des mémoires : travail des historiens et internationalisation de la recherche historique, création artistique et circulation internationale des œuvres, apport de la justice pénale internationale et du système des Nations unies, l’action de l’Unesco par exemple et l’inscription de lieux de mémoire au patrimoine culturel de l’humanité.

1. L’ÉTAT, PREMIER ACTEUR DU RÉCIT NATIONAL
1.1. Une construction publique
1.2. La recherche d’une légitimité politique
1.3. Le risque d’opposer des mémoires nationales

2. DES ACTEURS QUI EXPRIMENT DES MÉMOIRES DE GROUPE
2.1. Des expériences singulières
2.2. L’affirmation d’une identité collective
2.3. Le risque d’opposer des mémoires collectives

3. DES ACTEURS QUI FAVORISENT LE DIALOGUE DES MÉMOIRES
3.1. Les historiens et l’internationalisation de la recherche
3.2. Les écrivains et artistes et la circulation internationale des œuvres
3.3. Le système multilatéral : justice internationale et coopération culturelle

Dissertation

Les évolutions des formes de la guerre du XVIIIe siècle à nos jours

Le sujet porte sur les transformations de la guerre et couvre trois siècles d’histoire. Il se rapporte aux points suivants du programme de la matière : la guerre de Sept Ans (1756-1763), les guerres de la Révolution française et de l’Empire (1792-1815), les guerres du Golfe et leurs suites, les guerres irrégulières au temps d’al-Qaida et Daech, les « conflits armés actuels ». On se souviendra que l’étude est conduite à la lumière des réflexions de Clausewitz. Le plan le plus simple est diachronique, mais il ne faut pas céder à la tentation du récit. Il faut s’interroger sur les transformations de la guerre, repérer des ruptures afin de distinguer des périodes. On peut caractériser la guerre classique dans une première partie, en montrant néanmoins que la guerre de Sept Ans s’éloigne de la guerre limitée dite en manchettes de dentelle. La Révolution française marquerait ensuite l’entrée des nations dans la guerre, une rupture décrite par Clausewitz et par le comte de Guibert. C’est au nom de la nation que la guerre est déclarée par la France le 20 avril 1792. C’est le peuple français tout entier qui se lève pour défendre sa liberté, selon les termes du décret du 23 août 1793 sur la réquisition des citoyens français contre les ennemis de la République. Les attentats du 11 Septembre ouvriraient enfin une « guerre de Vingt Ans » : djihadisme et contre-terrorisme, guérilla et contre-insurrection. On montrera néanmoins que la guerre au XXIe siècle reste ou redevient interétatique, avant de s’interroger sur la notion de guerre hybride.

1. LA GUERRE DES CABINETS
1.1. Une guerre conduite par des monarchies
1.2. Une guerre livrée par des armées régulières
1.3. Une guerre justifiée par la recherche de l’équilibre

2. L’ENTRÉE DES NATIONS DANS LA GUERRE
2.1. Une guerre déclarée au nom de la nation
2.2. Des guerres livrées par des armées nationales
2.3. De la croisade révolutionnaire à la recherche de l’hégémonie

3. L’HYBRIDATION DES FORMES DE LA GUERRE
3.1. La montée des menaces irrégulières
3.2. Le retour des conflits armés interétatiques
3.3. La notion de guerre hybride et ses différentes définitions

Dissertation

L’État, seul acteur de la protection de l’environnement ?

Le sujet est une phrase interrogative directe dans laquelle le verbe est omis : « L’État [est-il le] seul acteur de la protection de l’environnement ? » Il faut ouvrir une discussion. L’État est une autorité politique souveraine établie sur un territoire. À l’intérieur, il garantit l’intérêt général, conduit des politiques publiques, fixe des normes et réprime des infractions. Dans l’ordre international, il conclut des traités et participe à des organisations intergouvernementales. Le terme d’environnement s’impose en français dans les années 1970 pour désigner le milieu dans lequel s’inscrivent les activités humaines. Le plan typologique est possible, mais il faut éviter le simple catalogue. Le plan le plus sûr est dialectique. On montre que l’environnement est de longue date un objet de l’action publique, en rappelant néanmoins que sa protection prend des formes différentes : l’ordonnance de Colbert sur le « fait des eaux et forêts », la loi autorisant la concession à l’État de Californie de la vallée de Yosemite, le conservationnisme progressiste du premier président Roosevelt, la lutte contre la pollution dans les années 1960, la lutte contre le changement climatique à partir des années 1990. On explique ensuite que l’action de l’État reste incomplète, avant de montrer que la question associe ou oppose d’autres acteurs.

1. UNE INTERVENTION PRÉCOCE
1.1. La protection des monuments naturels
1.2. La conservation des ressources naturelles
1.3. La prévention des aléas naturels et anthropiques

2. UNE ACTION QUI RESTE INCOMPLÈTE
2.1. Des divisions politiques
2.2. Des contradictions économiques
2.3. Des problèmes d’échelle planétaire

3. LA MULTIPLICATION DES ACTEURS
3.1. Le système multilatéral
3.2. Les collectivités infra-étatiques
3.3. Le secteur privé et la société civile

Dissertation

Les acteurs et les modes de résolution des conflits depuis 1648

Le sujet se prête à deux lectures différentes. La première inclut les acteurs des conflits, la seconde se limite aux seuls acteurs de la résolution des conflits. Le sujet porte alors sur les processus de paix depuis les traités de Westphalie, sur leurs acteurs et sur leurs formes. On peut montrer dans cette hypothèse que le système westphalien classique est un système interétatique qui règle la paix par la diplomatie des congrès. Il fait néanmoins des grandes puissances les premiers arbitres de l’ordre international et de la guerre un moyen ultime de règlement. La sécurité collective marque une rupture puisqu’elle se donne pour objectif d’empêcher la guerre par le règlement pacifique des différends. Fondée sur la Charte de San Francisco, mais d’abord entravée dans son action par la Guerre froide, l’Organisation des Nations unies connaît ensuite un renouveau et multiplie les opérations de maintien de la paix en leur attribuant des tâches plus complexes. On montrera néanmoins que les négociations de paix échappent en partie au système des Nations unies et que le début du XXIe siècle est marqué par un retour de la diplomatie de la force. On donnera toute leur place aux tentatives de résolution du conflit israélo-arabe, en commençant par le traité israélo-égyptien de 1979, une paix séparée conclue avec la garantie de la superpuissance américaine et hors du cadre des Nations unies. Le plan est à la fois diachronique et dialectique.

1. LE SYSTÈME WESTPHALIEN CLASSIQUE
1.1. La pratique des congrès
1.2. La suprématie des grandes puissances
1.3. La guerre, moyen ultime de règlement

2. L’APPORT DE LA SÉCURITÉ COLLECTIVE
2.1. Le règlement pacifique des différends
2.2. L’action des organes des Nations unies
2.3. Les opérations de maintien de la paix

3. LE CONTOURNEMENT DES NATIONS UNIES
3.1. Le parrainage de la puissance dominante
3.2. Les coalitions internationales ad hoc
3.3. La tentation de la paix par la force


Étude critique de documents

Les États-Unis et la question environnementale

Le sujet porte sur le « rapport des États-Unis à l’environnement », sur leur attitude devant la question environnementale. Les deux documents sont produits à des moments historiques différents et abordent chacun un aspect particulier de la question. Le premier constitue la préface d’un rapport sur la pollution environnementale. La préface est datée du 5 novembre 1965 et signée par le président démocrate Johnson. Le rapport est l’œuvre du Comité consultatif scientifique du président. La pollution environnementale, c’est l’introduction dans l’environnement de tout agent susceptible de nuire à la vie humaine, de menacer les autres organismes vivants, d’altérer la qualité de l’eau et des sols ou de dégrader le cadre urbain. Le second document est un graphique des émissions de dioxyde de carbone, un gaz à effet de serre dont l’accumulation dans l’atmosphère modifie le climat à l’échelle planétaire. Il couvre une longue période, mais repose sur des calculs rétrospectifs effectués dans le cadre du Global Carbon Project, un programme scientifique international créé en 2001. Le rapport de 1965 n’ignore pas les émissions de dioxyde de carbone — « un polluant invisible » —, ni leurs possibles effets sur le climat, mais porte avant tout sur la pollution environnementale au sens strict, une altération du milieu à l’échelle locale. Les premières mesures contre la pollution atmosphérique ne concernent pas les émissions de gaz à effet de serre. C’est la Cour suprême qui fait du dioxyde de carbone un polluant aérien, au terme d’une longue bataille politique, dans son arrêt Massachusetts contre EPA du 2 avril 2007. Il faut faire des documents le premier objet de l’exercice, se demander dans quelle mesure ils apportent une réponse au problème posé par le sujet. Les connaissances externes ne sont pas exposées pour elles-mêmes. Elles servent à expliquer, à commenter ou à critiquer les documents. On peut montrer pour commencer que la préface témoigne d’une volonté de protection. On rappelle ensuite que la pollution trouve son origine dans l’histoire des États-Unis et qu’elle se poursuit dans les années 1960. On essaie pour terminer de dresser un bilan de la lutte contre la pollution en s’appuyant sur le graphique.

1. UNE VOLONTÉ DE PROTECTION
1.1. Les premières mesures
1.2. L’organisation du travail gouvernemental
1.3. L’encouragement de la recherche scientifique

2. DES SOURCES DE POLLUTION
2.1. L’industrialisation
2.2. La croissance démographique
2.3. L’urbanisation et le mode de vie américain

3. UN BILAN QUI RESTE INCERTAIN
3.1. De fortes émissions de gaz à effet de serre
3.2. L’ébauche d’une réduction des émissions
3.3. Un processus dont la poursuite reste incertaine

Étude critique de documents

Espace et océans, outils de la puissance des États

Le sujet porte sur la puissance des États dans l’espace et l’Océan. La puissance, dans sa définition classique, est à la fois une capacité et une relation. Dans la société internationale, c’est la capacité d’un État d’imposer sa volonté dans sa relation avec d’autres États. Exercer sa puissance, c’est employer des moyens pour atteindre des buts, au risque de rencontrer la puissance des autres. Il faut se demander en quoi l’espace et l’Océan sont des théâtres de la puissance des États. Les deux documents sont produits à des moments historiques différents et porte chacun sur l’un des deux espaces, mais il faut éviter de les étudier successivement puisque l’exercice consiste à les réunir. On peut montrer successivement que l’espace et l’Océan sont des lieux où se déploie la puissance des États, qu’ils servent des objectifs de puissance et qu’ils sont enfin le théâtre des rivalités de puissance.

1. DE LIEUX OÙ SE DÉPLOIE LA PUISSANCE
1.1. Des capacités d’accès à l’espace
1.2. Des capacités de projection navale

2. DES LIEUX QUI SERVENT LA PUISSANCE
2.1. La recherche de l’avantage technique
2.2. La recherche de la supériorité stratégique
2.3. La recherche du prestige idéologique ou national

3. DES LIEUX OÙ SE MESURENT LES PUISSANCES
3.1. La course à l’espace au temps de la Guerre froide
3.2. La multiplication des menaces au début du XXIe siècle


Annales du baccalauréat en HGGSP