HGGSP
Épreuve écrite du baccalauréat
21 et 22 novembre 2024
Premier sujet
Dissertation
— Les politiques environnementales aux États-Unis : objectifs et réalités
— Comment histoire, mémoires et justice contribuent-elles à la reconstruction des sociétés au lendemain des conflits ?
Étude critique de documents
— L’arrivée de nouveaux acteurs dans la course à l’espace
24-HGGSPJ1AS1
Second sujet
Dissertation
— Pourquoi conquérir les océans et l’espace ?
— Pourquoi peut-on dire que les « guerres irrégulières » remettent en cause les modèles classiques de la guerre et de la paix ?
Étude critique de documents
— Les tribunaux gacaca face au génocide des Tutsis
24-HGGSPJ2AS1
Compléments
Les tribunaux gacaca face au génocide des Tutsis
Le document unique de l’étude critique du deuxième jour est la transcription d’un extrait du film du réalisateur belge Bernard Bellefroid, Rwanda, les collines parlent (2005) sur la justice gacaca au Rwanda.
Rwanda 2006 : 12 ans après le génocide, RTBF Archives (7 avril 2024)
N.B. : le film date de 2005 ; 2006 est l’année de sa première diffusion par la RTBF (26 mars 2006).
Transcription
3:35 : Je m’appelle Odette Mukanyarwaya. […]
6:12 : Tu es accusé d’avoir tué […].
17:15 : Odette, tu crois qu’on va retourner à la gacaca ? […]
Une présentation du film sur le site de l’atelier de production Dérives
Repères chronologiques
16 avril 1975. — Adhésion du Rwanda à la Convention sur le génocide.
6 avril 1994. — Attentat de l’aéroport de Kigali.
7 avril 1994. — Début du génocide.
17-19 juillet 1994. — Fin du génocide.
8 novembre 1994. — Création du TPIR par la résolution 955 du Conseil de sécurité.
30 août 1996. — Loi sur l’organisation des poursuites des infractions constitutives du crime de génocide ou de crimes contre l’humanité commises à partir du 1er octobre 1990 : définition des catégories de crimes, création de chambres spécialisées au sein des tribunaux de première instance.
27 décembre 1996. — Premier procès au Rwanda pour crime de génocide et crimes contre l’humanité.
9 janvier 1997. — Début du premier procès devant le TPIR.
24 avril 1998. — Exécution publique par le Rwanda de vingt-deux condamnés à mort.
6 janvier 2001. — Loi portant création des juridictions gacaca.
10 mars 2005. — Début des procès devant les juridictions gacaca.
25 juillet 2007. — Loi abolissant la peine de mort.
18 juin 2012. — Clôture des gacaca.
31 décembre 2015. — Clôture du TPIR.
Second documentaire
Dix-huit ans après son premier film, dans un second documentaire, Une des mille collines (2023), le réalisateur s’interroge sur la mémoire du génocide.
Une des mille collines (Wallonie image production)
Éléments de corrigé
Dissertation
Comment histoire, mémoires et justice contribuent-elles à la reconstruction des sociétés au lendemain des conflits ?
La question porte sur la place de l’histoire, de la mémoire et de la justice dans le rétablissement de la paix après les conflits armés. On peut rappeler en introduction que le règlement de la paix était fondé de longue date sur l’oubli des crimes et l’amnistie des coupables : « Qu’il y ait de part et d’autre un oubli et une amnistie perpétuelle de tout ce qui a été fait depuis le commencement de ces troubles… » (traités de Westphalie, 24 octobre 1648). Le XXe siècle fait en revanche de la connaissance du passé et de l’exercice de la justice un moyen de rétablir la paix. L’histoire et la mémoire se rapportent à la connaissance du passé, mais l’appréhendent de façon différente : l’histoire est une science, une branche de la connaissance, la mémoire un fait de société. La justice ne doit pas être réduite à sa finalité pénale. Au sortir des dictatures ou des conflits armés, la justice transitionnelle associe répression, réparation et travail de mémoire. À ses quatre premiers piliers — le droit de savoir, le droit à la justice, le droit à réparation, des garanties de non-renouvellement des violations —, on lui ajoute désormais explicitement la mémoire, cinquième pilier. Il faut examiner l’apport respectif de l’histoire, de la mémoire et de la justice au rétablissement de la paix après les conflits armés, sans oublier de s’interroger sur leurs rapports mutuels.
1. LA CONNAISSANCE DU PASSÉ COMME CONDITION DE LA PAIX
1.1. La mémoire, un moyen de conjurer le passé
1.2. L’histoire savante, un moyen d’éclairer la mémoire
1.3. La mémoire partagée, un moyen de réconcilier les sociétés
2. LA RÉPRESSION DES CRIMES COMME CONDITION DE LA PAIX
2.1. La définition des crimes, un avancement du droit
2.2. La condamnation des coupables, la fin de l’impunité
2.3. La justice pénale internationale, un moyen de la sécurité collective
3. LA JUSTICE TRANSITIONNELLE COMME INSTRUMENT DE RÉCONCILIATION
3.1. L’expression des victimes, une garantie de vérité
3.2. La construction d’un récit collectif, source et objet d’histoire
3.3. La transformation des sociétés, condition d’une paix positive