HGGSP
Épreuve écrite du baccalauréat
11 et 12 juin 2025
Premier sujet
Dissertation
— Les acteurs de la conquête spatiale, entre rivalités et coopérations
— Le patrimoine, enjeu de tensions entre différents acteurs
Étude critique de documents
— Le jugement des crimes de masse et génocides depuis Nuremberg
La première phrase du dernier paragraphe du texte, page 4, est incomplète : « Vingt fois plus long, le temps du TPIR a pourtant toujours compté. » L’auteur écrit, ce qui assez différent : « Vingt fois plus long, le temps du TPIR a pourtant toujours été compté. » Le temps lui a été compté, cela veut dire que le temps lui a manqué.
25-HGGSPJ1JA1
Second sujet
Dissertation
— Les réponses au changement climatique à différentes échelles
— La connaissance, un enjeu du développement
Étude critique de documents
— Les difficultés de l’ONU à empêcher la guerre et à instaurer la paix
25-HGGSPJ2JA1
Éléments de corrigé
Dissertation
Les acteurs de la conquête spatiale, entre rivalités et coopérations
Le patrimoine, enjeu de tensions entre différents acteurs
Étude critique de documents
Le jugement des crimes de masse et génocides depuis Nuremberg
Les acteurs de la conquête spatiale, entre rivalités et coopérations
Le sujet porte à la fois sur les acteurs de la conquête spatiale et sur leurs relations mutuelles. Il ne comporte pas de bornes chronologiques. Il est permis d’envisager la conquête depuis son commencement dans les années 1950. Le plan qui porterait successivement sur les rivalités et les coopérations est possible, mais reste un peu schématique. Il est préférable de suivre un plan à la fois dialectique et diachronique afin de s’interroger sur la portée des changements introduits par le deuxième âge spatial. Les termes de coopération et de rivalité s’appliquent avant tout aux relations entre États, mais il faut sans doute les étendre aux acteurs privés : concurrence entre firmes privées, collaboration et divergences entre États et firmes privées. On peut montrer pour commencer que les États sont les premiers acteurs de la conquête et qu’ils font de l’espace un théâtre de la Guerre froide : les deux superpuissances américaine et soviétique, des puissances secondaires autonomes comme la Chine maoïste ou la France gaullienne. Il faut ensuite rappeler que la rivalité n’exclut pas la coopération : Année géophysique internationale (1957-1958), traités sur l’espace (1967-1979), mission Apollo-Soyouz (1975) ; la coopération l’emporte après la fin de la Guerre froide — station spatiale internationale (1998) —, sans mettre fin à toute rivalité puisqu’elle exclut la Chine qui développe son propre programme spatial. On peut s’interroger pour terminer sur la situation au deuxième âge spatial : privatisation de la course à l’espace, multiplication des puissances spatiales et risque d’arsenalisation de l’espace, rapports entre puissance publique et firmes privées.
Le patrimoine, enjeu de tensions entre différents acteurs
Le sujet porte sur le patrimoine comme objet de tensions. La réflexion consiste à distinguer des tensions de différentes sortes, selon leur nature ou objet, selon les acteurs qu’elles impliquent ou selon l’échelle à laquelle elles s’exercent. On peut tenter de concilier ces différentes approches au moyen du plan suivant. Il faudrait montrer pour commencer que le patrimoine est l’expression de l’État-nation et qu’il fait l’objet de tensions qui opposent l’État et la société, des régimes politiques successifs, des groupes sociaux, des pouvoirs publics locaux : patrimonialisation, rapport au passé et conflits de mémoire, accès au patrimoine et fonctions du patrimoine, centralisation, décentralisation, politiques publiques et partage des compétences. On peut ensuite montrer que le patrimoine est un objet de tensions dans les relations internationales et qu’il oppose alors des États et d’autres acteurs de la société internationale : différends territoriaux, spoliations et conflits de restitution, atteintes au patrimoine dans les conflits armés, intervention des organisations et juridictions internationales. On peut enfin montrer que le patrimoine fait l’objet de tensions à l’échelle locale : développement urbain, construction d’un ouvrage d’art dans un site naturel ou d’un immeuble moderne dans un quartier historique, surexploitation touristique, conflits d’usage, dynamiques spatiales, fonctionnelles ou sociales, éviction et dépossession.
Le jugement des crimes de masse et génocides depuis Nuremberg
Le sujet est intitulé « histoire et mémoires », mais la consigne porte avant tout sur la justice des crimes de masse. Le texte est extrait de la contribution d’une historienne du TPIR à un ouvrage collectif sur le génocide rwandais. La photo représente la salle d’audience du procès Eichmann de Jérusalem. Il faut étudier une évolution, selon les termes de la consigne, c’est-à-dire ici caractériser trois étapes de la justice des crimes de masse et génocides : le procès de Nuremberg (1945-1946), le procès de Jérusalem (1961-1962), le jugement du génocide des Tutsi du Rwanda (depuis 1994). Le procès de Nuremberg est fondateur, mais se réduit à deux brefs passages dans la contribution et fait l’objet de coupures dans l’extrait. C’est un acte fondateur inscrit dans la « mémoire collective » puisqu’il fait de la justice une condition de la paix, introduit une nouvelle incrimination — le crime contre l’humanité — et établit une responsabilité pénale individuelle pour des crimes de masse perpétrés au nom d’un État. C’est une expérience qui présente des « limites » : une justice des vainqueurs qui porte avant tout sur la guerre d’agression ; le génocide n’est pas un chef d’accusation et le crime contre l’humanité reste secondaire. C’est une source et un objet d’histoire : cofondateur du Centre de documentation juive contemporaine et membre de la délégation française à Nuremberg, Léon Poliakov publie Bréviaire de la haine en 1951. Le procès Eichmann est représenté par une photo. On distingue derrière les juges l’emblème de l’État d’Israël, un chandelier à sept branches avec des feuilles d’olivier des deux côtés et le nom d’Israël en-dessous. Intenté par un « État juif » proclamé en 1948 — et qui mentionne le génocide des Juifs dans sa déclaration d’indépendance —, il fait une plus grand place à la parole des victimes et contribue à la connaissance du crime, comme à la construction de sa mémoire. Le jugement du génocide des Tutsi est le premier objet du texte, une réflexion sur les rapports entre justice et histoire. Il est conduit par des juridictions de nature différente : le TPIR, une juridiction pénale internationale ad hoc établie par le Conseil de sécurité des Nations unies, la première à appliquer la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, les juridictions rwandaises dites gacaca créées par le nouveau gouvernement rwandais, nées du génocide et qui ramènent le crime à l’échelle où il a été commis, des juridictions nationales en Europe au titre de la compétence universelle.