Une chronologie de la guerre en Syrie : du « printemps arabe » à la guerre civile et étrangère

Syrie, neuf ans de guerre (2019)

Le documentaire est une chronique annuelle de la guerre en Syrie depuis 2011, année des « printemps arabes ». Produit par la chaîne Arte, il retrace les neuf premières années de la guerre, s’ouvre sur le soulèvement syrien et se termine par un discours du président états-unien Trump (Chicago, 28 octobre 2019), après la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi — calife autoproclamé de l’organisation État islamique (Mossoul, 29 juin 2014) — dans la province d’Idlib, au nord-ouest de la Syrie (Baricha, 27 octobre 2019).

Mathieu Boch et Hanna Peters, Syrie, neuf de guerre, Arte, 2019.


Chronologie

Le « printemps arabe » — un mouvement de contestation des régimes en place — touche successivement la Tunisie (17 décembre 2010), l’Égypte (25 janvier 2011) et la Libye (Benghazi, 15 février 2011). Bachar el-Assad est président de la République arabe syrienne depuis le 17 juillet 2000. Son père, Hafez el-Assad, exerce les mêmes fonctions de 1971 à 2000. La Russie conserve en Syrie un point d’appui maritime acquis par l’Union soviétique au début des années 1970 : Tartous, à une trentaine de kilomètres au nord de la frontière libanaise.

2012 | 2013 | 2014 | 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020

2011

15 mars 2011. — Début du « printemps arabe » syrien ; les premières manifestations sont réprimées.

29 juillet 2011. — Création de l’Armée syrienne libre (ASL) par des soldats opposés au régime.

15 septembre 2011. — Création à Istanbul du Conseil national syrien (CNS) qui rassemble les opposants.


2012

23 janvier 2012. — Création du Front al-Nosra, branche syrienne de l’organisation terroriste Al-Qaida.

23 février 2012. — Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, est nommé envoyé spécial en Syrie.

16 mars 2012. — Plan de paix de Kofi Annan : mise en place d’un « processus politique inclusif dirigé par les Syriens », fin de la violence, garanties des libertés.

30 juin 2012. — Réunion à Genève du Groupe d’action pour la Syrie (membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, Ligue arabe, Turquie) ; le « communiqué de Genève » prévoit la mise en place d’un gouvernement de transition accepté par toutes les parties.

21 avril 2012. — Création d’une Mission de supervision des Nations Unies en Syrie (MISNUS) par la résolution 2043 du Conseil de sécurité de l’ONU.

2 août 2012. — Démission de Kofi Annan ; il est remplacé le 17 par le diplomate algérien Lakhdar Brahimi.

20 août 2012. — « Ligne rouge » du président Obama : l’emploi d’armes chimiques par le gouvernement syrie justifierait l’intervention des États-Unis.


2013

6 mars 2013. — Prise de Raqqa par le Front al-Nosra ; l’organisation État islamique en Irak (EII, 13 octobre 2006) s’implante en Syrie et fait de Raqqa sa « capitale » syrienne.

9 avril 2013. — L’organisation État islamique en Irak (EII) prend le nom d’État islamique en Irak et au Levant (EIIL).

21 août 2013. — Bombardement chimique de la Ghouta, oasis agricole et banlieue de Damas, au sud et à l’est de la ville.

30 août 2013. — Le président Obama renonce à bombarder la Syrie.

10 septembre 2013. — Discours sur la Syrie du président Obama.

L’Amérique n’est pas le gendarme du monde. Des choses affreuses se produisent partout dans le monde et il n’est pas en notre pouvoir de redresser tous les torts. Mais si nous pouvons empêcher des enfants d’être gazés à mort, par une action limitée et avec des risques mesurés, et assurer de la sorte la sécurité de nos propres enfants, alors il faut agir. Barack Obama, 10 septembre 2013.

 

27 septembre 2013. — Adoption à l’unanimité de la résolution 2118 du Conseil de sécurité de l’ONU (interdiction et destruction des armes chimiques).


2014

22 janvier 2014. — Deuxième conférence de Genève, en présence des parties syriennes ; elle se sépare le 15 février, sans être parvenue à aucun accord.

13 mai 2014. — Démission de Lakhdar Brahimi ; il est remplacé le 10 juillet par le diplomate italo-suédois Staffan de Mistura.

13 septembre 2014. — Début de la bataille de Kobané, ville-frontière jumelle de Suruç (Turquie) ; les YPG (Unités de protection du peuple), milice du PYD (Parti de l’union démocratique), parti des kurdes de Syrie, parviennent à repousser l’offensive de Daech.

29 juin 2014. — Après la prise de Mossoul (Irak, 10 juin 2014), l’EIIL prend le nom d’État islamique (EI, Daech) et rétablit le califat. À différence d’Al-Qaida, Daech dispose de son propre territoire.

19 août 2014. — Assassinat par Daech du journaliste américain James Foley.

15 septembre 2014. — Formation d’une coalition internationale contre Daech en Irak et en Syrie.

23 septembre 2014. — Début des bombardements américains en Syrie.


2015

20 juillet 2015. — Attentat de Suruç (Turquie) ; perpétré par Daech, il vise les Kurdes.

24 juillet 2015. — Premiers bombardements turcs.

30 septembre 2015. — Premiers bombardements russes.

30 octobre-14 novembre 2015. — Réunion à Vienne du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), sous la coprésidence des États-Unis et de la Russie ; la « déclaration de Vienne » reprend les termes du « communiqué de Genève » (30 juin 2012).

18 décembre 2015. — Adoption à l’unanimité de la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l’ONU ; elle approuve le plan de paix américano-russe de Vienne.


Comprendre la situation en Syrie en six minutes (2015)

L’animation est publiée sur le site du journal Le Monde le 27 octobre 2015. Elle reprend une infographie du Monde en papier des 18-19 octobre 2015 intitulée « En Syrie, les ennemis de mes ennemis… »

Henri-Olivier, Donald Walther, Delphine Papin, Francesca Fattori, Flavie Holzinger et Jules Grandin, « Comprendre la situation en Syrie en six minutes », Le Monde.fr, 27 octobre 2015.


2016

22 février 2016. — Conclusion par les États-Unis et la Russie d’un plan de cessation des hostilités, excepté les combats contre Daech ; entrée en vigueur après accord des parties le 27 février.

10 avril 2016. — Reprise des bombardements du gouvernement syrien contre Alep ; rupture de la trêve.

21 juillet 2016. — Début du siège d’Alep.

24 août 2016. — Offensive terrestre de la Turquie dans le nord de la Syrie ; elle vise à la fois Daech et les Forces démocratiques syriennes (FDS) formées en majorité de combattants kurdes (YPG).

10 septembre 2016. — Nouvel accord de cessation des hostilités entre le gouvernement et une partie de l’opposition ; entrée en vigueur le 12.

19 septembre 2016. — Suspension unilatérale de la trêve par le gouvernement syrien ; reprise des bombardements contre Alep.

22 décembre 2016. — Reprise d’Alep par le gouvernement syrien ; c’est un tournant de la guerre : reconquête du territoire syrien avec l’aide de la Russie.

29 décembre 2016. — Annonce par la Russie d’un accord de cessez-le-feu avec la Turquie et les forces qu’elle soutient en Syrie ; entrée en vigueur immédiate.


2017

23-24 janvier 2017. — Conférence d’Astana (Kazakhstan) ; organisée par la Russie, la Turquie et l’Iran, elle réunit des représentants du gouvernement syrien et de l’opposition modérée.

4 avril 2017. — Attaque chimique contre Khan Cheikhoun (province d’Idlib).

6 avril 2017. — Bombardement par les États-Unis d’une base militaire syrienne ; protestation de la Russie qui présente le bombardement comme une agression.

4 mai 2017. — Quatrième session des pourparlers de paix d’Astana ; accord russo-turco-iranien sur la création de zones de désescalade.

17 octobre 2017. — Libération de Raqqa par les FDS.

30 décembre 2017. — Création d’une Armée nationale syrienne (ANS) ; elle rassemble des groupes issus de l’Armée syrienne libre et favorables à la Turquie.


2018

20 janvier 2018. — Offensive de la Turquie et de l’ANS au nord-ouest de la Syrie ; prise d’Afrin auparavant contrôlée par les FDS le 18 mars.

17 septembre 2018. — Création par la Russie et la Turquie d’une zone démilitarisée dans la province d’Idlib restée sous le contrôle de l’opposition syrienne.

19 décembre 2018. — Le président Trump annonce le retrait des forces américaines de Syrie.

26 décembre 2018. — Visite éclair du président Trump sur une base aérienne en Irak, sa première visite à des troupes états-uniennes engagées dans une zone de conflit depuis le début de son mandat.

L’Amérique ne devrait pas se battre pour toutes les nations de la Terre, sans être remboursée du tout, dans la plupart des cas. S’ils veulent que nous nous battions, ils doivent en payer le prix — et parfois c’est aussi un prix en argent — comme ça, nous sommes pas les pigeons des relations internationales. On n’est plus les pigeons, les gars. Donald Trump, 26 décembre 2018.


2019

23 mars 2019. — Reprise de Baghouz, dernier bastion de Daech en Syrie, par les FDS.

21 août 2019. — Reprise de Khan Cheikhoun par l’armée syrienne.

6 octobre 2019. — Le président Trump annonce de nouveau le retrait des troupes américaines de Syrie.

9 octobre 2019. — Offensive turque contre les FDS au nord-est de la Syrie.

22 octobre 2019. — Conclusion d’un accord russo-turc de sécurisation de la frontière ; retrait des FDS.

27 octobre 2019. — Mort d’Abou Bakr al-Baghdadi à Baricha, province d’Idlib, près de la frontière turque.

Donald Trump annonce la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi dans une allocution prononcée à la Maison Blanche, le 27 octobre, à 9 h 20, heure de Washington. Il s’exprime de nouveau le lendemain 28 octobre, à Chicago, devant la convention de l’International Association of Chiefs of Police. C’est le discours repris dans le documentaire d’Arte.


2020

27 février 2020. — Morts de trente-trois soldats turcs lors d’une attaque syrienne dans la province d’Idlib.

1er mars 2020. — Offensive turque dans la province d’Idlib ; elle vise à s’opposer à la reconquête de la province par l’armée syrienne.

5 mars 2020. — Accord russo-turc de cessez-le-feu dans la province d’Idlib.